Guide pratique
Comment calculer sa prime CEE pour un groupe froid
Le volume de certificats se calcule à partir de la fiche applicable, de la puissance de l'équipement et du barème officiel. Le montant en euros dépend ensuite du prix de valorisation des certificats. Méthode et exemples chiffrés pour les cinq fiches du froid.
Comment se calcule une prime CEE ?
Une prime CEE se calcule en deux temps. D'abord le volume de certificats, en kWh cumac : pour la plupart des fiches du froid, c'est le montant du barème officiel multiplié par la puissance de l'équipement, en kW. Ensuite la valeur en euros : ce volume multiplié par le prix de valorisation négocié avec le fournisseur d'énergie qui finance l'opération.
Étape 1 — Identifier la fiche applicable
Elle dépend du secteur du site, tertiaire ou industriel, et de l'opération réalisée. Le comparatif des fiches CEE pour groupe froid détaille ce choix.
Étape 2 — Relever la puissance à retenir
Pour les fiches de régulation, c'est la puissance électrique nominale du groupe de production de froid, lue sur sa plaque signalétique ou, à défaut, sur un document du fabricant. Pour le variateur de vitesse, c'est la puissance nominale du moteur, et non celle du variateur. Les compresseurs de secours ne sont pas comptés dans BAT-TH-134.
Étape 3 — Lire le barème
Le barème s'exprime en kWh cumac par kW. Il varie selon la fiche, et parfois selon l'usage du froid, la zone climatique H1, H2 ou H3 et le mode de condensation. BAT-TH-139 fait exception : son montant résulte d'une formule alimentée par l'étude de dimensionnement.
Étape 4 — Multiplier
Volume de certificats = barème × puissance. Le résultat est en kWh cumac ; on l'exprime souvent en MWh cumac en divisant par 1 000.
Exemples chiffrés
Installations fictives, calculées avec les barèmes officiels en vigueur à la date de mise à jour de cette page.
Le cas de la récupération de chaleur (BAT-TH-139)
La fiche BAT-TH-139 calcule le volume par la formule M = D × 9,9 × Précupérée, où D est la durée annuelle d'utilisation de la chaleur récupérée, en heures, et Précupérée la puissance thermique récupérée, en kW. Précupérée est plafonnée à deux fois la puissance électrique des compresseurs raccordés, moins la puissance déjà récupérée.
Exemple : un établissement tertiaire dont les compresseurs totalisent 60 kW électriques, sans récupération existante, installe un récupérateur de 100 kW thermiques pour des besoins de chaleur de 80 kW. La puissance retenue est le minimum entre 100 et 80, soit 80 kW, sous le plafond de 2 × 60 = 120 kW. Si l'étude établit une durée d'utilisation de 3 000 heures par an, le volume est de 3 000 × 9,9 × 80 = 2 376 000 kWh cumac.
Les valeurs de D et des puissances proviennent obligatoirement de l'étude de dimensionnement : l'exemple ci-dessus en illustre seulement le mécanisme.
Comment convertir des kWh cumac en euros ?
Le montant de la prime en euros est égal au volume de certificats multiplié par le prix de valorisation, généralement exprimé en euros par MWh cumac. Ce prix n'est pas fixé par la réglementation : il résulte d'un accord avec le fournisseur d'énergie obligé qui finance l'opération, et il évolue selon le marché des certificats et les volumes en jeu.
C'est pourquoi aucun montant en euros n'est garanti avant la proposition de prime. Dans les opérations que nous pilotons, ce montant est arrêté avec un obligé identifié au moment du montage du dossier, avant le démarrage des travaux.
Que signifie « kWh cumac » ?
Le kWh cumac est l'unité des certificats d'économies d'énergie. « Cumac » est la contraction de cumulés et actualisés : c'est l'énergie économisée chaque année, cumulée sur la durée de vie conventionnelle de l'équipement, puis actualisée. C'est pourquoi les barèmes intègrent déjà la durée de vie de 14 ou 15 ans fixée par chaque fiche. D'autres définitions figurent dans notre glossaire des CEE.
Questions fréquentes
Quelle puissance faut-il retenir pour calculer la prime ?
Pour les fiches BAT-TH-134, IND-UT-116 et IND-UT-115, c'est la puissance électrique nominale du groupe de production de froid figurant sur sa plaque signalétique, ou à défaut sur un document du fabricant. Pour IND-UT-102, c'est la puissance nominale du moteur équipé, et non celle du variateur.
Le montant de la prime peut-il couvrir tout le coût des travaux ?
Sur certaines opérations, oui. La régulation en haute pression flottante demande un investissement limité — un automate, des capteurs, le câblage des ventilateurs — alors que les barèmes de la réfrigération sont élevés. Le reste à charge exact n'est connu qu'après la prévisite technique et la proposition de prime.
Puis-je calculer ma prime avant la prévisite ?
Vous pouvez estimer le volume de certificats avec la puissance de votre groupe et le barème de la fiche. Le calcul définitif suppose de valider la fiche applicable, la puissance retenue et les conditions techniques, ce que fait la prévisite, gratuite et sans engagement.
Pourquoi la basse pression flottante rapporte-t-elle moins que la haute pression flottante ?
Le barème de IND-UT-115 est de 1 500 kWh cumac par kW, contre 14 300 pour IND-UT-116 en zone H1 ou H2 avec condensation par rapport à l'atmosphère. La basse pression flottante est contrainte par les températures exigées par le process, ce qui limite le gisement d'économies.
Sur l'exactitude de cette page : les barèmes et la formule proviennent des fiches officielles publiées sur le calculateur de l'ADEME. Les exemples portent sur des installations fictives et ne constituent pas une proposition de prime. Page mise à jour le .
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